Tu viens de perdre un proche. C'est un moment d'épuisement émotionnel total, et il faut pourtant agir vite et bien sur l'administratif — sinon les pénalités tombent. Voici la checklist exacte, dans l'ordre où il faut faire les choses, pour ne rien rater.
J+0 / J+1 : les 24 premières heures
- Faire constater le décès par un médecin.
- Décès à domicile : appelle le médecin traitant ou SOS Médecins. Si le décès est non-naturel, le médecin appelle la police.
- Décès à l'hôpital ou en maison de retraite : c'est l'établissement qui s'en charge.
- Choisir les pompes funèbres. Compare au moins 3 devis (la loi t'y autorise). Prix moyen national : 3 000 à 6 000 € selon prestations. Vérifie si le défunt avait un contrat obsèques (auprès de sa banque ou assurance).
- Déclarer le décès à la mairie du lieu de décès dans les 24 heures (suite à la déclaration médicale). Les pompes funèbres peuvent s'en charger pour toi. Tu obtiens l'acte de décès, à demander en plusieurs exemplaires (10 à 20 copies — tu en auras besoin partout).
J+1 à J+7 : les démarches urgentes
- Prévenir l'employeur du défunt si applicable, ou Pôle emploi / France Travail si il/elle était demandeur d'emploi.
- Prévenir la banque du défunt. Les comptes individuels sont bloqués automatiquement. Les comptes joints peuvent continuer à fonctionner si le co-titulaire le demande (mais les sommes peuvent être réclamées par les héritiers). La banque libère jusqu'à 5 000 € pour régler les obsèques sur présentation de la facture.
- Prévenir l'assurance maladie (CPAM si régime général, MSA si agricole). Coupe les remboursements en cours.
- Prévenir la mutuelle santé et l'assurance prévoyance (capital décès, rente conjoint).
- Prévenir le bailleur si le défunt était locataire. Le bail prend fin au décès (mais si tu y vivais avec lui/elle, droit au maintien sous conditions).
- Prévenir les abonnements en cours : EDF, téléphone, internet, presse, services en ligne (cf. ressources numériques ci-dessous).
- Demander l'aide « capital décès » à la CPAM (3 800 € en 2026 pour ayants droit d'un salarié décédé en activité). Délai 1 mois après le décès.
J+7 à J+30 : succession et pensions
- Prendre rendez-vous chez un notaire. Obligatoire si le défunt :
- possédait un bien immobilier,
- laisse un patrimoine total supérieur à 5 000 €,
- avait fait un testament,
- avait des donations antérieures à régulariser.
- Demander la réversion de la pension de retraite du défunt si tu es conjoint·e survivant·e. Conditions :
- Régime général : 54 % de la pension, sous condition de ressources, à partir de 55 ans.
- Régimes complémentaires (AGIRC-ARRCO) : 60 % sans condition d'âge ni de ressources mais conditions de durée de mariage.
- Régimes spéciaux (fonctionnaires, SNCF, etc.) : règles spécifiques.
- Demander l'allocation veuvage à la CAF si tu as moins de 55 ans, ressources modestes, enfants à charge.
- Lancer la liquidation des assurances-vie. Tu écris à chaque assureur du défunt avec l'acte de décès. Délai légal de versement : 1 mois après réception du dossier complet.
- Gérer les comptes bancaires. Le notaire t'aide à dresser l'inventaire. Les comptes restent bloqués jusqu'à la fin de la succession (sauf compte joint).
- Mettre à jour ton statut auprès des impôts, CAF, Sécu, mutuelle.
J+30 à J+90 : la déclaration de succession
- Faire la déclaration de succession à l'administration fiscale dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger). Au-delà : pénalités (10 % puis 40 % de la facture fiscale).
- Payer les droits de succession au moment du dépôt. En France, les droits varient de 5 % à 60 % selon le lien avec le défunt et le montant hérité. Le conjoint survivant et les partenaires PACS sont totalement exonérés.
- Régulariser les biens immobiliers : le notaire publie l'attestation immobilière au service de la publicité foncière.
- Vendre ou conserver les actifs selon ton projet.
- Faire la déclaration de revenus du défunt pour l'année du décès (à déposer dans les 6 mois).
Les ressources numériques à ne pas oublier
Les comptes en ligne du défunt continuent de fonctionner si tu ne fais rien. Pense à :
- Apple / Google / Microsoft : procédures de « personne décédée » pour récupérer ou clôturer les comptes.
- Facebook / Instagram : statut commémoratif ou clôture définitive.
- Netflix / Spotify / abonnements SaaS : résiliation manuelle.
- Coffres-forts numériques, gestionnaires de mots de passe : récupération via procédure d'urgence.
- Cryptomonnaies : héritage très complexe — souvent perdu faute de clés. À documenter si tu en détiens.
Pièges fréquents
- Sortir de l'argent du compte du défunt sans autorisation. C'est illégal et constitue un détournement de succession. Attends que le notaire débloque les fonds.
- Renoncer à la succession sans réflexion. Si tu refuses, tu n'as pas accès aux assurances-vie qui te désignent comme bénéficiaire (elles sont hors succession). Réfléchis avec le notaire.
- Oublier les dettes éventuelles. Si le défunt a des dettes supérieures à son patrimoine, tu peux accepter la succession à concurrence de l'actif net (procédure spécifique chez le notaire) pour ne pas être tenu personnellement des dettes.
- Tarder la déclaration de succession. Au-delà de 6 mois, intérêts de retard (0,2 % par mois) + pénalités (10 % à 40 %).
- Sous-estimer le coût total. Notaire (1-3 % de la succession), droits de succession (variables), pompes funèbres : compte facilement 5 000 à 15 000 € minimum.
Combien ça coûte de se faire accompagner ?
- Plan d'action personnalisé J+1 à J+90 avec checklist détaillée : 80 à 150 €.
- Accompagnement complet pour les démarches administratives (banque, sécu, CAF, retraite, abonnements) : 250 à 500 €.
- Accompagnement succession non-judiciaire (avec le notaire) : 300 à 800 €.
- Frais notaire : 1 % à 3 % de la valeur de la succession (barème tarifé, négociable au-delà de 50 000 €).
- Succession contentieuse (héritiers en conflit, testament contesté) : Résolveur Expert ou avocat, 1 500 à 5 000 €.
Sur ResolvR, des Résolveurs spécialisés en démarches après décès (anciens conseillers funéraires, juristes notariaux, écrivains publics expérimentés en succession) peuvent prendre en charge l'intégralité du parcours, à distance ou à domicile.