AEEH 2026 : montant, compléments et demande MDPH expliqués
Quand on apprend que son enfant est en situation de handicap, la dernière chose qu'on a envie de faire, c'est remplir des formulaires. Et pourtant, c'est souvent par là qu'il faut passer pour obtenir une aide financière qui peut tout changer au quotidien : l'AEEH, l'Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé. Cette prestation existe précisément pour compenser le surcoût lié au handicap : soins, matériel, garde adaptée, ou réduction d'activité d'un parent.
Le souci, c'est que le dossier passe par la MDPH, que les délais sont longs, que les compléments sont classés en six catégories difficiles à décrypter, et qu'un refus mal compris peut te faire perdre des mois. On t'explique ici, en français clair, comment fonctionne l'AEEH en 2026, ce que tu peux toucher, comment faire ta demande et que faire si la réponse ne te convient pas.
1. L'AEEH, c'est quoi exactement ?
L'AEEH est une allocation versée pour aider les familles à assumer les frais liés au handicap d'un enfant de moins de 20 ans. Elle se compose de deux briques : une allocation de base, identique pour tout le monde, et éventuellement un complément qui dépend de la lourdeur du handicap et de son impact sur ta vie de famille.
Concrètement, l'allocation de base tourne autour de 149 euros par mois en 2026 (ce montant est revalorisé périodiquement, donc considère-le comme un ordre de grandeur). À cette base peut s'ajouter un complément allant de la catégorie 1 à la catégorie 6, qui augmente sensiblement le total selon ta situation.
L'AEEH n'est pas soumise à conditions de ressources : que tu gagnes peu ou beaucoup, l'allocation de base reste la même. Ce qui compte, c'est le taux d'incapacité de ton enfant et les conséquences concrètes du handicap, pas tes revenus.
L'AEEH compense un surcoût lié au handicap. Elle n'est pas une récompense ni une faveur : c'est un droit ouvert dès lors que la situation de ton enfant remplit les critères fixés par la loi.
2. Qui peut en bénéficier ? Les conditions en 2026
Pour ouvrir droit à l'AEEH, plusieurs conditions doivent être réunies. D'abord, ton enfant doit avoir moins de 20 ans et résider en France de façon stable. Toi, le parent (ou la personne qui en a la charge effective), tu dois également résider en France.
Ensuite, c'est le taux d'incapacité reconnu par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui détermine l'accès :
- Taux d'au moins 80 % : l'AEEH est attribuée automatiquement (sous réserve des autres conditions).
- Taux entre 50 % et 79 % : l'AEEH peut être attribuée si ton enfant fréquente un établissement spécialisé, ou si son état exige le recours à une éducation, un accompagnement ou des soins particuliers.
- Taux inférieur à 50 % : en principe, pas de droit à l'AEEH.
Attention : si ton enfant est placé en internat avec prise en charge intégrale des frais de séjour par l'Assurance maladie, l'État ou l'aide sociale, le versement de l'allocation de base peut être suspendu pour les périodes de présence en établissement. Renseigne-toi sur ta situation précise, car les règles varient selon le mode d'accueil et les retours au domicile.
3. Le montant de base + les compléments (catégories 1 à 6)
C'est la partie qui crée le plus de confusion, alors prenons le temps. L'AEEH se lit en deux temps : la base, puis le complément.
L'allocation de base est d'environ 149 euros par mois en 2026. Tu la touches quel que soit le complément attribué (ou même sans complément).
Les compléments sont répartis en six catégories, de la 1 (la plus légère) à la 6 (la plus lourde). Plus le handicap entraîne de dépenses, de recours à une tierce personne ou de réduction d'activité professionnelle d'un parent, plus la catégorie est élevée et plus le montant grimpe. À titre indicatif :
- Catégorie 1 : pour un surcoût modéré ou une réduction d'activité légère. Le complément reste faible (quelques dizaines d'euros).
- Catégories 2 et 3 : recours partiel à une tierce personne ou réduction d'activité plus marquée d'un parent. Le complément peut atteindre plusieurs centaines d'euros.
- Catégories 4 et 5 : besoin important d'accompagnement, parent contraint de réduire fortement ou de cesser son activité, dépenses élevées.
- Catégorie 6 : situations les plus lourdes, nécessitant une présence constante et des contraintes majeures. C'est le complément le plus élevé, qui peut représenter, base comprise, plus de 1 000 euros par mois.
Les montants exacts de chaque catégorie sont fixés par référence à la Base mensuelle de calcul des allocations familiales et revalorisés régulièrement. Pour le chiffre précis correspondant à ta situation, vérifie sur le site officiel ou auprès de ta CAF. Retiens surtout le principe : c'est la CDAPH qui détermine la catégorie, en fonction de critères de dépenses, de recours à une tierce personne et de réduction d'activité professionnelle.
Un parent isolé qui assume seul la charge d'un enfant ouvrant droit à un complément de catégorie 2 à 6 peut par ailleurs bénéficier d'une majoration spécifique parent isolé, qui s'ajoute au complément.
4. AEEH ou PCH : comment ça s'articule ?
Voilà un point qui mérite toute ton attention, parce qu'un mauvais choix peut te coûter de l'argent. Lorsque ton enfant ouvre droit à un complément d'AEEH, tu peux dans certains cas avoir le choix entre ce complément d'AEEH et la Prestation de compensation du handicap (PCH).
Les deux ne se cumulent pas pour couvrir les mêmes besoins : tu ne peux pas toucher en même temps le complément d'AEEH et la PCH pour compenser les mêmes charges. En revanche, l'allocation de base de l'AEEH, elle, peut se cumuler avec la PCH.
Comment choisir ? Tout dépend de la nature des frais :
- La PCH est plus adaptée quand les besoins sont précisément identifiés et coûteux : aides humaines, aménagement du logement ou du véhicule, aides techniques, surcoûts liés au transport.
- Le complément d'AEEH est souvent plus simple à gérer pour des situations où la charge est plus diffuse ou liée à une réduction d'activité d'un parent.
L'équipe pluridisciplinaire de la MDPH peut t'aider à comparer les deux options chiffrées avant que tu n'arrêtes ton choix. C'est un calcul qui se fait au cas par cas, et il vaut vraiment le coup de le faire sérieusement. Pour comprendre en détail le fonctionnement de la PCH, ses volets et ses montants, lis notre guide dédié : la PCH expliquée pour 2026.
5. Comment faire la demande à la MDPH
La demande d'AEEH ne se fait pas auprès de la CAF mais auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) de ton département. C'est elle qui instruit le dossier ; la CAF (ou la MSA pour le régime agricole) ne fait ensuite que verser l'allocation.
Le dossier repose sur le formulaire Cerfa n° 15692, qui est le formulaire unique de demande à la MDPH (le même que pour la PCH, la carte mobilité inclusion, l'AAH des adultes, etc.). Tu devras le compléter et l'accompagner de plusieurs pièces :
- Le certificat médical (Cerfa n° 15695), rempli par un médecin, daté de moins de six mois. C'est la pièce centrale du dossier.
- Une copie d'une pièce d'identité de ton enfant et de la tienne.
- Un justificatif de domicile récent.
- Tout document utile : comptes rendus médicaux, bilans (orthophoniques, psychologiques), notifications de l'école, devis ou factures de matériel.
Le projet de vie est une partie du formulaire trop souvent négligée. C'est là que tu décris, avec tes mots, le quotidien de ton enfant, ses difficultés concrètes, ce que le handicap change pour ta famille, et ce dont tu as besoin. Un projet de vie détaillé et sincère pèse réellement dans l'évaluation : ne le bâcle pas.
Tu peux déposer ton dossier en ligne via le téléservice de ta MDPH quand il existe, ou par courrier. Conserve une copie de tout ce que tu envoies. Pour un pas-à-pas complet sur la constitution et le suivi d'un dossier, regarde notre page démarches MDPH.
6. Délais d'instruction et début du versement
Une fois ton dossier complet déposé, la MDPH l'instruit puis la CDAPH rend sa décision. Compte en moyenne autour de quatre mois, mais ce délai varie beaucoup d'un département à l'autre et selon la charge des équipes. Dans certains départements, l'attente peut être plus longue.
Bon à savoir : l'absence de réponse de la MDPH au terme du délai légal d'instruction vaut, en principe, rejet implicite de la demande. Ce point est important pour calculer le délai de recours (voir section suivante). Ne reste donc pas à attendre indéfiniment sans relancer.
L'AEEH est attribuée pour une durée déterminée (souvent de un à cinq ans, parfois plus selon la stabilité du handicap). Pense à déposer une demande de renouvellement plusieurs mois avant l'échéance pour éviter toute rupture de versement : entre le moment où tu redéposes et la nouvelle décision, il peut s'écouler de longues semaines.
Le versement, lui, est assuré mensuellement par la CAF ou la MSA, généralement à compter du premier jour du mois suivant le dépôt de la demande (et non de la décision), ce qui permet souvent un rattrapage rétroactif. Vérifie les modalités exactes auprès de ton organisme.
7. Refus, désaccord : les recours possibles
Un refus, un taux d'incapacité jugé trop bas, une catégorie de complément inférieure à ce que tu attendais : tu n'es pas coincé. Tu disposes de voies de recours, à condition de respecter les délais.
La première étape est le recours administratif préalable obligatoire (RAPO). Avant de saisir un juge, tu dois d'abord demander à la MDPH de réexaminer ta situation. Ce recours se forme généralement dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision (ou du rejet implicite). Adresse-le par lettre recommandée avec accusé de réception, en expliquant pourquoi tu contestes et en joignant tout élément médical nouveau ou complémentaire.
Si le RAPO ne donne rien ou est lui-même rejeté, tu peux alors porter l'affaire devant le tribunal judiciaire (pôle social), là encore dans un délai de deux mois après la réponse au RAPO. La procédure y est gratuite et tu n'es pas obligé d'avoir un avocat, même si être bien accompagné et bien outillé fait une vraie différence sur ce type de dossier technique.
Quelques réflexes qui changent tout :
- Ne laisse pas filer les deux mois. Passé ce délai, la décision devient définitive et il devient très difficile de revenir dessus.
- Renforce le médical. La plupart des refus se jouent sur l'évaluation du handicap : un certificat médical plus détaillé ou des bilans récents peuvent inverser la décision.
- Argumente le surcoût et le retentissement. Montre concrètement, chiffres et exemples à l'appui, ce que le handicap coûte et change au quotidien.
La logique des recours AEEH ressemble beaucoup à celle des recours pour d'autres prestations de la MDPH. Si tu veux voir la mécanique RAPO puis tribunal détaillée sur un cas voisin, notre article sur le refus d'AAH et les recours en 2026 te donnera des repères utiles et transposables.
8. Les erreurs fréquentes à éviter
Beaucoup de dossiers AEEH coincent pour des raisons évitables. Voici celles qui reviennent le plus :
- Un certificat médical trop vague. S'il ne décrit pas précisément les répercussions du handicap sur la vie de l'enfant, l'évaluation sera défavorable. Choisis un médecin qui connaît bien ton enfant et prends le temps de lui expliquer l'enjeu.
- Un projet de vie laissé vide. C'est ta voix dans le dossier. Le négliger, c'est laisser l'administration deviner à ta place.
- Confondre AEEH et PCH et passer à côté de l'option financièrement la plus avantageuse, faute d'avoir comparé les deux.
- Oublier le renouvellement et se retrouver des mois sans versement.
- Subir un refus sans réagir alors que les délais de recours sont courts et la procédure gratuite.
Aucune de ces erreurs n'est une fatalité. Avec un dossier solide, un certificat médical précis et un projet de vie bien rédigé, tu mets toutes les chances de ton côté.
Et si tu te faisais accompagner ?
Monter un dossier AEEH, comparer le complément avec la PCH, rédiger un projet de vie qui pèse, ou construire un recours dans les délais : c'est lourd, surtout quand on gère déjà le quotidien d'un enfant en situation de handicap. Tu n'es pas obligé de le faire seul.
Sur ResolvR, tu peux te faire accompagner par un Résolveur vérifié (identité contrôlée via KYC et couvert par une RC Pro), de niveau Pro ou Expert, spécialisé dans les démarches liées au handicap. Il t'aide à constituer ton dossier MDPH, à structurer ton projet de vie, à arbitrer entre AEEH et PCH et, le cas échéant, à préparer ton recours. C'est un accompagnement à distance, dans un cadre clair : obligation de moyens, jamais de promesse de résultat.
Côté budget, compte une fourchette indicative de l'ordre de 80 à 250 euros selon la complexité de ta situation (montage de dossier simple ou recours étoffé). Le paiement est sécurisé : les fonds ne sont débloqués qu'une fois la prestation réalisée. Et en cas de litige, l'équipe ResolvR examine les échanges et tranche sous 72 h ouvrées.
Décris ta galère, on s'en occupe
Pour aller plus loin sur tes droits officiels, tu peux consulter les pages de référence : l'AEEH sur service-public.fr et les informations de la CAF.
Informations à jour en 2026, données et montants donnés à titre indicatif et susceptibles d'évoluer. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé adapté à ta situation. Pour toute décision, vérifie les montants en vigueur auprès de la MDPH, de la CAF ou de la MSA.
Un Résolveur peut traiter ce cas en quelques jours, à partir de 50 €
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